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La quadrature du monde
(pour Laurence Innocenti)
Il faut
maintenant approcher du monde, ouvrir sa grande fenêtre
carrée, se pencher sans se blesser le cœur aux échardes et
voir, et regarder avec curiosité tout ce qui défile ;
dénombrer et saisir et nommer et savoir. Puis oublier. Voici
bien le travail d’une vie : mais où commencer ? où donc
inscrire le premier trait, et quel mot, quelle couleur ou
forme, matière ou souvenir, ou prémonition rêveuse allons
nous prendre par la main ? Bah le hasard fait bien les
choses et nous aidera – au diable la volonté de l’artiste
avec son grand « A » et les calculs de trajectoire; on
devrait admettre une fois pour toutes la première place qui
revient à l’incertain dans l’œuvre qui s’inscrit .
Elle ne sait pas, elle dit qu’une fois que la toile est
tendue, offerte au vent, on vogue sans savoir vraiment
comment ou combien de temps. Sans savoir ce qui commandera
au travail : matériaux, cheminements, repentirs, accidents,
rencontres diverses ou simplement états d’âme. Quant au
résultat, et au titre, comment savoir … ?
Jacques Chanaz |

Inlassablement, Laurence Innocenti
peint et repeint son mur.
Au hasard des tours
et des détours, promenons-nous avec elle dans ses labyrinthes.
Claude Caboche
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